
Elle n’avait que deux ans ce 21 février 1965. Trop jeune pour se souvenir. Mais pas trop jeune pour porter, toute sa vie, le poids et la lumière d’un nom qui a changé l’histoire.
Ilyasah Shabazz — troisième fille de Malcolm X et Betty Shabazz — est aujourd’hui l’une des voix les plus importantes pour la transmission de l’héritage de son père. Auteure de plusieurs livres primés, docteure en éducation, professeure universitaire et militante infatigable, elle a consacré sa vie à corriger les malentendus sur Malcolm X et à inspirer les jeunes générations.
Voici son histoire.
Ilyasah Shabazz naît le 22 juillet 1962 à Brooklyn, New York, troisième enfant de Malcolm X et Betty Shabazz.
Son prénom est directement inspiré de Elijah Muhammad, le leader de la Nation of Islam — l’organisation religieuse à laquelle appartenaient ses parents à l’époque. Une ironie de l’histoire, puisque Malcolm X rompra plus tard avec la Nation of Islam avant son assassinat.
Ilyasah est d’ascendance afro-américaine, afro-grenadienne (par sa mère), anglaise et écossaise — un mélange qui reflète parfaitement la dimension internationale et panafricaine de sa famille.
Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, Ilyasah a grandi dans un environnement intentionnellement apolitique. Sa mère Betty, voulant protéger ses six filles du poids de l’héritage paternel, les élève dans un quartier réellement intégré racialement à Mount Vernon, New York.
La famille ne participe ni à des manifestations, ni à des rassemblements. Les filles Shabazz rejoignent Jack and Jill, un club social pour enfants de familles afro-américaines aisées. Betty travaille dur pour offrir à ses filles une éducation privilégiée — en partie pour les éloigner du danger, en partie pour honorer les valeurs d’éducation qu’elle partaé ait avec Malcolm.
Rrésultat paradoxal : Ilyasah découvre véritablement qui était son père… en lisant son autobiographie à l’université.
« Ma mère parlait toujours de notre père, de son mari, mais elle ne parlait pas des choses qui ont défini mon père comme icône », confie-t-elle.
Ilyasah fréquente la Hackley School, une école privée reconnue. Elle poursuit à la State University of New York at New Paltz, où elle arrive avec une réputation qui la précède — les étudiants afro-américains l’ont déjà élue officier de l’Union des étudiants noirs avant même qu’elle n’arrive sur le campus.
Elle obtient ensuite un Master en Éducation et Développement des Ressources Humaines à l’Université Fordham, puis un Doctorat à l’Université Worcester State.
Aujourd’hui, elle est professeure adjointe au John Jay College of Criminal Justice de New York et DEI Fellow à Worcester State University.
Avant de devenir auteure reconnue, Ilyasah travaille pendant plus de douze ans pour la ville de Mount Vernon, New York, occupant successivement les postes de :
Une carrière ancrée dans le service communautaire — exactement dans la tradition de ses parents.
Ilyasah Shabazz est l’auteure la plus prolific de toutes les filles de Malcolm X. Voici ses œuvres majeures :
Son mémoire autobiographique — le plus intime. Elle y raconte ce que c’était de grandir en étant la fille de Malcolm X, avec une mère extraordinaire mais seule, dans un Amérique qui portait encore les cicatrices des années 60.
Co-édité avec Herb Boyd, ce livre publie des extraits du journal intime de Malcolm X durant l’année la plus importante de sa transformation — son pelerinage à La Mecque, ses voyages en Afrique, la création de l’OAAU.
Un livre illustré pour enfants sur l’enfance de son père. Nominé aux NAACP Image Awards dans la catégorie Œuvre littéraire pour enfants.
Roman pour jeunes adultes sur la vie de Malcolm X. Lauréat du NAACP Image Award pour œuvre littéraire Jeunesse. Finaliste du National Book Award. Lauréat des Coretta Scott King Awards et des Walter Dean Myers Awards.
Co-écrit avec Renée Watson, ce roman explore l’enfance de sa mère Betty Shabazz. Nommé parmi les meilleurs livres de l’année 2019 par le Bank Street Children’s Book Committee.
Roman sur les années de prison de Malcolm X — sa transformation intérieure, sa conversion, son éveil intellectuel. Co-écrit avec Tiffany D. Jackson (lauréate Coretta Scott King 2019).
Son tout dernier livre, publié le 19 mai 2026 (date anniversaire de la naissance de Malcolm X). Dédié au pelerinage à La Mecque de 1964 et à la transformation spirituelle de son père. Publié chez Hachette Book Group.
« Je suis honorée et infiniment reconnaissante de partager avec le monde une nouvelle dimension de mon jeune père, Malcolm X », déclare-t-elle.
( source : Michigan University )
Son tout dernier livre, publié le 19 mai 2026 (date anniversaire de la naissance de Malcolm X). Dédié au pelerinage à La Mecque de 1964 et à la transformation spirituelle de son père. Publié chez Hachette Book Group.
« Je suis honorée et infiniment reconnaissante de partager avec le monde une nouvelle dimension de mon jeune père, Malcolm X », déclare-t-elle.
Sa sœur aînée Attallah Shabazz a elle aussi consacré sa vie à préserver cet héritage, mais par la diplomatie et le théâtre. »
Ilyasah ne se contente pas d’écrire. Elle parcourt le monde pour corriger les malentendus sur son père — un travail qu’elle considère comme essentiel.
« Quand nous laissons les autres contrôler notre narratif, on entend que tu peux aller en prison, être illettré, et miraculeusement en sortir comme Malcolm X, une icône. Ce genre de narratif diminue l’importance de la famille, des valeurs morales, des mentors. C’est la raison pour laquelle j’écris mes livres. »
Elle insiste particulièrement sur un point : Malcolm X n’était pas un homme en colère.
« Les gens disaient que Malcolm était en colère et violent. Aujourd’hui, nous pouvons voir qu’il a simplement eu une réaction profonde à l’injustice. »
Et sur l’âge auquel son père a été assassiné :
« Le 21 février 1965, ma mère, mes sœurs et moi avons été témoins de l’assassinat de son mari, notre père, Malcolm X. Il n’avait que 39 ans. Aujourd’hui, je suis assez vieille pour être sa mère. »
Ilyasah Shabazz cumule de nombreuses responsabilités institutionnelles :
Ilyasah perpétue la vision panafricaine de son père. En publiant The Diary of Malcolm X : 1964, elle révèle au monde les pensées intimes de Malcolm X durant l’année où il a rencontré des leaders africains comme Kwame Nkrumah, où il a créé l’OAAU et où il a élargi sa vision au-delà des frontières américaines.
Elle a parlé à des audiences « à travers le monde » — États-Unis, Europe, Afrique, Amérique centrale et Caraïbes.
« Ensemble, vous avez le pouvoir de créer un changement significatif et de construire un monde qui reflète les valeurs d’amour, de vérité et de compassion. Remplaçons la division par l’unité, la complaisance par l’action et la peur par l’espoir. »
Ilyasah perpétue la vision panafricaine de son père. En publiant The Diary of Malcolm X : 1964, elle révèle au monde les pensées intimes de Malcolm X durant l’année où il a rencontré des leaders africains comme Kwame Nkrumah, où il a créé l’OAAU et où il a élargi sa vision au-delà des frontières américaines.
Elle a parlé à des audiences « à travers le monde » — États-Unis, Europe, Afrique, Amérique centrale et Caraïbes.
« Ensemble, vous avez le pouvoir de créer un changement significatif et de construire un monde qui reflète les valeurs d’amour, de vérité et de compassion. Remplaçons la division par l’unité, la complaisance par l’action et la peur par l’espoir. »